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         Le Massif > Présentation
 

La « ligne bleue », des « ballons » arrondis, des forêts de sapins, des chaumes tapissées de myrtilles et un fromage si typé.
Du Massif des Vosges, on retient facilement ces images de douceur et de nature. Ces montagnes ont mille visages : on y est toujours à deux pas d’une curiosité, village médiéval, château fort, abbaye discrètement nichée au fond d’un vallon ou encore une cascade dévalant des roches escarpées.

 
Une montagne vivante et habitée : quelques chiffres…
Tour a tour alsacien, lorrain et franc-comtois, le Massif des Vosges regroupe autour du Grand Ballon la zone de montagne de 7 départements: la Meurthe et Moselle, la Moselle, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Haute-Saône, les Vosges et le Territoire de Belfort. Il inclut deux Parc Naturels Régionaux : le Parc des Vosges du Nord, classé « Réserve mondiale de la Biosphère » par l’UNESCO et le Parc des Ballons des Vosges.
 
Le Massif des Vosges comprend 585 communes sur 64 cantons et compte    580 000 habitants (dont plus de 250 000 actifs) pour une densité de 80 habitants/km2. Sa longueur est de 180 km pour une largeur variant entre 20 km au nord, 4 km à la hauteur de Saverne et 60 km au sud.
 
La forêt y est prédominante puisque le Massif des Vosges ne compte pas moins de 44 000 ha d’espaces boisés soit 60 % de sa superficie.
 
Un peu de géographie…
 
Des ondulations tranquilles, des formes apaisantes, un chatoiement de verts profonds, çà et là ourlés d’un léger voile de brume… Le paysage vosgien évoque plutôt la quiétude que la violence.
Tout a pourtant commencé dans le fracas et le chaos, lorsque le gigantesque massif primaire que formaient jadis Vosges et Forêt Noire s’est disloqué à l’ère tertiaire sous la poussée des Alpes et du Jura, provoquant ainsi l’effondrement de la plaine d’Alsace et la naissance du sillon rhénan.
Les vents violents ont adouci les sommets et modelé peu à peu cette silhouette de charme pour nous donner à connaître le massif tel qu’il est aujourd’hui avec au sud les Hautes Vosges dites « cristallines » formées en majeure partie de granit et culminant à 1 247 m au Ballon d’Alsace et à 1 424 m au Grand Ballon, et au nord de la vallée de la Bruche, les Vosges dites « gréseuses », majoritairement formées de grès rouge et s’abaissant de 1009 m au Donon (Vosges moyennes) à moins de 600 m d’altitude au delà de la vallée de la Zorn (Vosges du Nord).
Si du côté alsacien la pente est abrupte, du côté lorrain et comtois elle s’abaisse tout doucement pour mourir discrètement aux abords du bassin parisien.
Des glaciers qui ont creusé les pentes abruptes il nous reste aujourd’hui les lacs d’altitude, bleus, blancs, verts ou noirs, qui apparaissent, îlots de fraîcheur, au détour d’un sentier ainsi qu’en Haute-Saône l’étonnant plateau des Mille Étangs au charme sauvage et déroutant.
 
Avec un climat de type semi-continental, sec et chaud l’été et souvent froid et enneigé l’hiver, ponctué de merveilleuses avant et arrière-saisons, le Massif des Vosges se découvre tout au long de l’année. Il est un phénomène climatique qui ravit : l’inversion de la température. Il arrive en effet qu’en montagne les températures soient plus chaudes de 10 à 15 ° qu’en plaine par temps de haute pression. Le brouillard envahit la plaine et lui masque le soleil alors qu’à ce moment-là en montagne le temps est doux et la vue dégagée et magnifique avec en dessous un tapis d’aspect moelleux…
 
Une faune et une flore omniprésentes...
 
Étonnamment varié, le massif mêle tous les paysages : forêts profondes, lacs glaciaires, prairies humides, alternent avec des vallées industrielles, des plaines cultivées, ou encore des plateaux érodés, des tourbières, des falaises et des éboulis…
Grâce à une étonnant diversité des milieux naturels liée au relief, aux variations géologiques mais surtout climatiques, le Massif des Vosges abrite une faune et une flore riches et variées. Parmi les sapins, pins, épicéas et hêtres de la forêt, prospère en liberté une faune préservée.
Si les chevaux sauvages et les aurochs ont disparu depuis longtemps et si le dernier ours a été tué en 1760 au dessus de la vallée de Munster, les chamois, les cerfs, les chevreuils, les sangliers, les blaireaux, les renards, les martres, l’hermine, sont toujours présents et abondants. Quelques chats sauvages hantent les forêts, une colonie de castors est établie dans la vallée de la Doller depuis près d’une trentaine d’années, le lynx réapparaît furtivement. Le coq de bruyère ou grand tétras cet animal splendide et vulnérable est devenu une figure emblématique du Massif des Vosges et de nombreux rapaces rôdent dans le ciel sans oublier plus de 130 espèces d’oiseaux.
 
Alors bien-sûr , on ne croise pas hermines et lynx au détour de chaque sentier. Mais pour qui sait marcher en silence, observer un cerf, un chevreuil ou un chamois est toujours possible. Des sorties nature sont d’ailleurs organisées dans chaque site pour découvrir la faune locale en compagnie de guides expérimentés.
 
Précieuse et multiple, la flore du Massif des Vosges s’y laisse admirer comme bijoux en vitrine… du bout des yeux seulement.
Sur les flancs des ballons, au sommet des crêtes balayées par le vent, à l’ombre des hêtres et des sapins, fleurissent la digitale et l’arnica, se cachent le lys et l’orchidée, poussent les lichens et les champignons tandis qu’au creux des tourbières règne la redoutable Droséra. Les Vosges moyennes sont couvertes de forêts : bouleaux, sorbiers des oiseleurs et alisiers en sont les arbres essentiels. Les érables poussent sur les pentes rocailleuses, les ormes sont presque tous morts et le sapin survit difficilement dans les Vosges au-delà de mille mètre : la glace et la neige l’épuisent et le brisent.
Tout là-haut, sur les Hautes Vosges, les été courts, le peu de différence de température entre le jour et la nuit mènent la vie dure aux arbres, et les gelées de l’hiver les achèvent. Quelques-uns, rabougris y survivent avec difficulté. L’homme a enlevé les derniers représentants pour transformer les hauts sommets en pâturages. Sur ces prés la flore est magnifique ; outre l’arnica, l’anémone des Alpes, la gentiane jaune, le lys martagon les teintent de taches de couleurs vives.
 
Un peu d’histoire…
 
La nature sauvage a beau y être exceptionnelle, ce n’est pas la seule richesse que le Massif des Vosges ait à offrir à la curiosité du voyageur. Riche d’une histoire mouvementée, il est un véritable paradis pour les amoureux d’art, d’histoire, d’architecture, mais aussi de traditions, de coutumes et de légendes.
Frontière naturelle entre les mondes latin et germanique, le massif des Vosges est en effet depuis toujours une terre de contraste aux influences diverses. Influence celtique tout d’abord, dont on peut encore percevoir la trace dans le mystérieux mur païen du Mont Sainte-Odile, ou dans le sanctuaire du Donon. Puis domination et culture romaine pendant près d’un demi-millénaire, qui donnent naissance à nombre de villes et villages actuels, suivie des grandes invasions venues de l’Est et du Nord : Vandales, Huns, Alamans, jusqu’aux Francs de Clovis qui imposent leur souveraineté au Vè siècle.
La prospérité qui s’installe favorise la montée du christianisme : des communautés de « moines bâtisseurs » érigent abbayes et monastères comme à Luxeuil-les-Bains ou encore Remiremont. Au VIIIè siècle, avec l’avènement de la dynastie carolingienne et ses perfides luttes de succession, les troubles reprennent. Le développement des arts et de l’architecture ne reprend qu’à la fin du Xè siècle, sous le Saint Empire Germanique : l’art roman se développe dans le Massif des Vosges qui en conserve quelques fleurons comme l’église de Champ-le-Duc ou l’abbaye de Murbach. Le style gothique s’impose ensuite au XIIIè siècle
Parallèlement, les nombreuses seigneuries, ecclésiastiques ou laïques, bâtissent nombre de châteaux forts qui gardent encore nos paysage, et des villes fortifiées telle Riquewihr. La Guerre de Cent Ans, puis la Guerre de Trente Ans et l’appauvrissement extrême du massif, stoppent pour de nombreuses années cet élan constructeur, qui renaît pendant la longue période de paix du XVIIIè siècle avec l’éclosion du style baroque puis néo-classique.
 
Ici l’homme a sculpté la nature...
 
On croirait donc à tort que le Massif des Vosges n’est qu’une vaste étendue sauvage. Son histoire agitée à la croisée des cultures y a laissé de nombreux vestiges. Bien que la nature y soit préservée plus qu’ailleurs, les hommes ont en effet de tous temps bâti des villes superbes, érigé des châteaux et des églises, dressé des remparts et des ouvrages d’art : toutes les époques et tous les styles sont représentés pour le plus grand bonheur des amateurs.
Quel plaisir, au détour d’une promenade de s’attarder devant la beauté brute d’une chapelle romane, ou d’admirer la finesse et l’élégance d’une église gothique. Alors laissez-vous guider par les grands architectes, tels Vauban, Bartholdi, Le Corbusier et partez à la découverte des chefs d’œuvre de pierre.
Là où l’on se bat, on se défend. Aussi, les châteaux, forteresses et autres fortifications sont légion en cette région si souvent en butte aux agressions. Une centaine de sites médiévaux fortifiés veillent sur nos plaines et nos vallées depuis le XIè siècle. Ces ruines imposantes, témoignage des grandes seigneuries féodales, provoquent encore aujourd’hui notre admiration. Citons aussi l’impressionnant château du Haut-Koenigsbourg, entièrement reconstruit à l’initiative de l’empereur Guillaume II sur les ruines d’une ancienne forteresse, érigée au XIIè siècle et détruite par les Suédois durant la Guerre de Trente Ans.
D’autres noms sont peut-être plus vifs dans nos mémoires. Ainsi, la célèbre « ligne Maginot » dans les Vosges du Nord, les champs de batailles du Hartmannswillerkopf sur la route des crêtes, ou la vieille ville fortifiée de Belfort dans les Vosges du Sud sont des lieux qu’on ne peut découvrir sans éprouver le sentiment d’avoir rendez-vous avec l’histoire…
 
Le Massif des Vosges possède également un remarquable patrimoine religieux. Au paganisme des premiers habitants, dont on trouve encore ici et là les témoignages de pierre, succéda une intense ferveur chrétienne. Partout, croisées et bordures de routes sont jalonnées de croix et de calvaires.
Au fil des siècles, abbayes, monastères et églises se multiplient et, à partir du XIIè siècle, les églises s’érigent dans la moindre bourgade. A Marmoutier, l’abbatiale représente l’un des fleurons de l’art roman ; à Thann, la collégiale Saint-Thiébaut exprime toute la magnificence du style gothique ; à Moyenmoutier c’est le baroque qui prévaut… jusqu’à Ronchamp en Haute-Saône, où Le Corbusier construisit en 1955 une chapelle aux lignes aussi sobres que hardies sur un ancien lieu de pèlerinage dédié à la Vierge Marie.
 
Une farandole de métiers et de fêtes...
 
Terre de traditions, le Massif des Vosges l’est sans nul doute. De la Saint Nicolas, fête des enfants, aux feux de la Saint Jean qui célèbrent le retour de l’été, c’est toujours la saison des fêtes dans le massif des Vosges : les jeux de la passion dans la vallée de la Doller, la Fête des Jonquilles de Gérardmer, les nombreux marchés de Noël ou encore les centaines de fêtes locales qui rythment les travaux et les jours depuis des siècles, quelle que soit la période de l’année, on n’est jamais très loin d’un jour de fête. Surtout qu’il n’y a pas que des fêtes traditionnelles : des Eurockéennes de Belfort (plus grand festival français de rock en plein air), au festival de Musique aux Chandelles à Saint Pierre su l’Hâte, une infinité de manifestations artistiques ou sportives de toutes sortes contribue désormais à établir la réputation de la région bien au-delà de nos frontières.
 
Traditionnellement, les hommes doivent leur travail aux ressources naturelles du pays où ils vivent. Dans le Massif des Vosges, outre l’agriculture, principalement d ‘élevage avec notamment la typique vache vosgienne, ce sont surtout le bois, l’eau, la pierre et le sable ainsi qu’en sous-sol le charbon, le fer et l’argent qui ont permis l’essor d’une industrie prospère. De nombreuses visites organisées, telles celles des mines de Sainte Marie aux Mines, ou des scieries à haut fer de Ranrupt vous feront vivre ou revivre l’authenticité des métiers traditionnels du massif.
 
En matière d’artisanat, les vosgiens n’ont à apprendre de personne. D’ailleurs depuis des siècles qu’ils affinent leur savoir-faire, ils mériteraient bien plutôt le nom d’artistes que d’artisans. Luthiers ou dentellières, tanneurs ou marbriers, chacun manie qui l’aiguille, qui le couteau ou le ciseau pour créer d’authentiques chefs d’œuvre à force de travail et de patience. Le Massif des Vosges est même le berceau d’un métier unique en son genre ; l’imagerie d’Epinal. Très en vogue au cours du XIXè siècle, puis presque éteinte après la dernière guerre, la production de ces images riches en couleurs et réalisées au pochoir connaît aujourd’hui une deuxième jeunesse.
On ne saurait enfin manquer de citer les maîtres verriers de Baccarat, la lumineuse pureté et la finesse incomparable de son cristal ayant permis à cette cité lorraine d’être aussi universellement connue que les plus grandes capitales.
 
Au paradis des gourmets...
 
Cochonnailles, tourtes, quiches…tout au long de l’année, le vosgien sait agrémenter sa table de mets succulents, simples ou délicats et toujours élaborés selon des recettes plus que séculaires.
Entre les charcuteries, jambons, saucisses, pâtés (on en dénombre plus d’une quarantaine de sortes) ; les gibiers, salami de cerf, chevreuil aux fruits rouges et autres civets de biche ; les poissons et les écrevisses ; les fromages, munster côté Alsace ou géromé côté Lorraine, qui rivalisent chacun de fumet et de fruité ; les desserts, madeleines, macarons, fromage blanc au kirsch, tartes variées… Oui entre toutes ces merveilles, on comprend que le Massif des Vosges attire chaque année des dizaines de milliers de gourmets.
S’arrêter dans les fermes-auberges des Hautes Vosges et goûter un authentique repas marcaire ; mordre à pleines dents dans une délicieuse tarte aux myrtilles ou savourer un clafoutis de cerises de Fougerolles ; déguster une andouille du Val d’Ajol, des écrevisses en Haute-Saône ou une glace de Plombières… On peut ainsi traverser le Massif des Vosges de bourgs en villages sans jamais manger la même chose : il est juste recommandé d’avoir un bon coup de fourchette.
Ferme-auberge ou restaurant étoilé, casse-croûte ou banquet, bistrot ou table d’hôtes…tous en tout cas ont toujours à cœur d’accueillir le visiteur avec un enthousiasme et une joie de vivre communicative qui placent certainement ces tables parmi les plus conviviales de France.

 

         

 













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